Thème 1 : la collecte d’informations générales sur la catastrophe

publié le 26 juillet 2011 (modifié le 27 juillet 2011)

Dès 2008, une réflexion a été engagée par l’État au niveau régional pour organiser un protocole de retour d’expérience en cas d’inondation.

Exposé de Gaëlle Favre (format pdf - 1.4 Mo - 27/07/2011) - DREAL Pays de la Loire :
Adaptation du protocole de retour d’expérience de la DREAL Pays de la Loire au cas Xynthia

Dès 2008, une réflexion a été engagée par l’État au niveau régional pour organiser un protocole de retour d’expérience en cas d’inondation. L’objectif était de définir et organiser le recueil et l’exploitation des données en cas d’inondation fluviale. Le protocole prévoit notamment la prise de photographies aériennes, le repérage des laisses de crue, le recours aux images satellites et la réalisation d’enquêtes communales, en identifiant la chaîne décisionnelle. Ce dispositif a été validé en CAR en 2009 et sa déclinaison opérationnelle était en cours lors du passage de Xynthia. Le protocole, mis en œuvre dès le 1er mars, a dû être adapté car il ne prévoyait pas le cas de la submersion marine. L’intervention a été orientée de façon prioritaire sur les zones de La Faute/l’Aiguillon en Vendée et Moutiers/Guérande en Loire Atlantique. Prises de vue aériennes (MO : DREAL). Les difficultés rencontrées :

  • Absence de marché prêt à l’emploi,
  • Rapidité des événement (pas de pré-alerte),
  • Absence de définition précise des zones a observer (ouvrages, recul de dunes…),
  • Ampleur de la couverture nécessaire (absence de connaissance préalable des zones submergées),
  • Météo défavorable.

Malgré cela, tout le littoral a été couvert. Le coût global de l’opération est de 10k€ pour 7h de vol d’hélicoptère sur 2 journées. Les prises de vue permettent de définir le contour des zones inondées, de mettre en évidence les ruptures de cordons dunaire et d’ouvrages, et donne des indicateurs de la vitesse de l’écoulement.

Photos satellites :

La commande du COGIC a facilité la mise à disposition des données. Le SERTIT a assuré la mise en ligne des images traitées permettant la cartographie des zones inondées. Les délais de mise en oeuvre permettent de disposer d’une cartographie des zones inondées seulement 3 à 4 jours après l’événement.

Relevés de laisses de mer :

La DDTM 85 a mis en oeuvre cette action avec l’appui de la DREAL et du CETE. Elle sera présentée par le CETE Ouest dans le cadre du thème 2.

Enquêtes communales :

Elles n’ont pas été mises en oeuvre. Elles seraient utiles pour affiner la connaissance de la dynamique de l’événement, mais nécessitent une bonne préparation et une définition précise de l’objectif poursuivi.

Retour d’expérience général :

Le survol de la zone immédiatement après la tempête est impossible du fait de l’organisation des secours. De plus, les agents de la DDTM étaient déjà fortement sollicités en cellule de crise, Manque de réactivité pour les prises de vues aériennes : il faut mettre en place un cahier des charges type. L’exploitation des clichés est rendue difficile par la taille importante des données qui ralentit leur diffusion. Il faudrait également pouvoir accéder aux rushes des journaux télévisés qui permettent de visualiser les secteurs inondés très peu de temps après le passage de la tempête. Les images satellitaires sont une source d’information utile, mais dépendante de la couverture nuageuse. Les images demandées le lundi ont été prises le mercredi et le jeudi.

La catastrophe a suscité un important travail partenarial : DDTM, DREAL, SPC, CETE, CETMEF, BRGM, ONF, PNIMP, collectivités locales… Il est maintenant nécessaire de capitaliser et valoriser les données recueillies. Le retour d’expérience sera valorisé à court terme dans le cadre des PPR Littoraux.

Il est précisé que c’est le conseil Régional des Pays de la Loire qui a acheté les images satellite et que le Conseil Général intervient sur les ouvrages de protection. Il semble donc nécessaire d’ouvrir largement la capitalisation des données.

Échanges avec la salle :

La DDTM 17 précise qu’un retour d’expérience a été confié à SOGREAH qui s’est rendu dans les communes. Ce Rex devrait être achevé en juin. Il constitue une première forme de capitalisation des données.

Exposé de Thierry Dubreucq - CETE Sud Ouest :
La localisation des dégâts (fichier PDF de 16Mo) à l’aide de photographies aériennes

Concernant une question sur la légitimité des CETE à procéder à une cotation de l’état des ouvrages, la DGPR indique participer au recueil d’information après la crise car l’Etat est légitime sur ce point. La responsabilité de l’Etat n’est pas engagée par l’évaluation qualitative visuelle des ouvrages.

Échanges avec la salle :

Concernant une question sur la légitimité des CETE à procéder à une cotation de l’état des ouvrages, la DGPR indique participer au recueil d’information après la crise car l’État est légitime sur ce point. La responsabilité de l’État n’est pas engagée par l’évaluation qualitative visuelle des ouvrages.

Le CETE Sud Ouest précise que les images satellites n’ont pas été utilisées dans la préparation du plan de vol car ces images permettent essentiellement la définition des zones inondées, et ne sont pas utiles en vue d’un diagnostic des ouvrages. Un enregistrement vidéo en continu serait utile pour obtenir des images entre les points de station de l’hélicoptère.

Exposé de Céline Perherin (format pdf - 868 ko - 27/07/2011) - CETMEF : L’apport des drones

L ’exposé, réalisé par J.-M. Tanguy du CGDD/DRI et Céline Perherin, est présenté par C. Perherin. Deux drones ont été utilisés : le drone hélicoptère du LCPC et le drone avion de l’ENAC. L’objectif de l’utilisation des drones était de permettre la prise de vues et de vidéos des zones inondées, l’observation des désordres sur les ouvrages, l’observation des profils en long des digues et la restitution de MNT à partir des images prises.

L’opération a été pilotée par le CGDD. 3 missions étaient initialement prévues.

La première pour la reconnaissance du secteur de l’Ile de Ré, essentiellement pour l’analyse des désordres sur les ouvrages de protection en prévision des marées de fort coefficient autour du 29 mars. Seul le drone avion a pu être utilisé en raison d’une météo défavorable (fort vent).

La seconde portait sur l’évaluation du recul du cordon dunaire et l’élaboration d’une méthode d’observation du comportement des ouvrages à marée haute en Loire Atlantique. Les photographies verticales réalisées sont floues. Les photographies obliques, à l’inverse, sont nettes. La caméra infrarouge thermique n’a pas donné les résultats escomptés. Les résultats pourraient être améliorés par une caméra en visible ou proche infrarouge pour la recherche d’infiltration d’eau. La dernière mission n’a pas pu être effectuée.

Retour d’expérience :

  • les missions dépendent fortement des conditions météorologiques,
  • les résultats sont partiellement exploitables : les vidéos sont peu exploitables, la qualité des prises de vues verticales est à améliorer, les vues obliques sont souvent plus intéressantes,
  • les données infrarouges ne sont pas utilisables.

Ces drones représentent probablement une technologie d’avenir, pas encore assez mature.

Échange avec la salle :

Ces drones représentent probablement une technologie d’avenir, pas encore assez mature.

Exposé de Thierry Dubreucq - CETE Sud Ouest :
Le croisement et l’analyse de données (fichier PDF de 16Mo) pour la production de rapports, de SIG et de données structurées.