Le retour d’expérience du SCHAPI

publié le 26 juillet 2011
  • Exposé d’André Bachoc (format pdf - 1.1 Mo - 26/07/2011) - 1 Mo) - SCHAPI : Contribution au retour d’expérience sur Xynthia concernant la prévision des submersions marines lors de la tempête et à l’avenir.

Le réseau national de prévision des crues et de l’hydrométrie a été restructuré de 2002 à 2006. Il comprend, sur le territoire métropolitain, 22 services de prévision des crues dont le SPC Littoral Atlantique et 28 unités d’hydrométrie en métropole. Le SCHAPI, service d’hydrométéorologie et d’appui à la prévision des inondations, est un service à compétence nationale rattaché à la DGPR. L’État assure la prévision des crues sur 20 000km de cours d’eau en diffusant, au moins deux fois par jour, une carte de vigilance pour les crues, un bulletin national et des bulletins pour chaque SPC et un accès quasi temps réel aux mesures. Dans le cadre actuel, la prévision des crues est assuré uniquement pour les cours d’eau sous surveillance d’État, lorsque c’est techniquement possible, dans les zones sous influence maritime et parfois plus ou moins expérimentalement (aval de fleuves côtiers bretons, Gironde, aval de la Seine…).

Lors de Xynthia, la carte de vigilance à 10h a indiqué un niveau orange au niveau de la confluence Garonne Dordogne et une vigilance jaune sur certains cours d’eau du nord de la France. A 16h, une vigilance orange est ajoutée sur la Laïta, l’estuaire de la Loire, la Seudre, soit les 4 tronçons de cours d’eau du réseau surveillé par l’État concernés par les surcotes de la tempête.

Peut noter que le modèle de prévision des niveau d’eau de la Gironde a donné 24 h avant une bonne vision du niveau atteint, par exemple au niveau de l’agglomération de Bordeaux à moins de 10 cm près, avec un léger décalage temporel. L’alerte a permis localement de bien gérer les surcotes.

Néanmoins, la vigilance ne porte que sur les cours d’eau surveillés aujourd’hui par l’État. La question est posée de ce qui peut être fait pour l’anticipation des submersions d’origine marine ailleurs qu’aux abords de ceux-ci. Pour améliorer cette anticipation, il apparaît nécessaire d’apporter des améliorations à 3 niveaux, pour :

1- prévoir les niveaux marins et l’amplitude des vagues au large en les mettant en relation avec avec des niveaux de sensibilité des zones littorales. La vigilance vague-submersion pour les 24 h à venir et par département, est en cours de mise en œuvre par Météo-France, et devrait être opérationnelle d’ici la fin 2011. Les prévisions de surcotes au large sont déjà relativement bonnes et ont permis de donner lors de la tempête des valeurs assez proches de la réalité. La principale difficulté, encore à résoudre, est de fixer, par département, les seuils de niveaux correspondants pour la sensibilité du littoral.

2- pouvoir transformer les données de niveau d’eau et d’amplitude des vagues « au large » en un niveau d’eau sur la côte à la côte. Les premiers résultats produits sur cet aspect par le projet Prévimer, par exemple sont encourageants. Ils sont disponibles sur un démonstrateur, assez précis sur des zones délimitées, Il faut rendre opérationnels de tels outils, ce qui semble devoir passer par des améliorations de la connaissance de la bathymétrie des fonds littoraux.

3- passer des niveaux marins à la côte au niveau d’eau atteint dans les zones basses littorales.

Il faudrait, d’abord, étendre la surveillance de l’État jusqu’aux embouchure des fleuves du réseau surveillé par l’État, ce qui demande la mise en place ou à disposition de points de mesure, la communication des règles de gestion des ouvrages hydrauliques (écluses, barrages, …) ou des manœuvres opérées sur ceux-ci, accès aux données existantes, une amélioration des modèles. Il faudra également pour toutes les zones basses synthétiser l’analyse des liens hydrauliques à la mer. Il faudra, enfin, maîtriser les conséquences des submersions : par la localisation et l’analyse des enjeux, et surtout, ce qui est décisif, par une topographie précise des zones littorales basses.

Il importe aussi de concevoir l’amélioration de la prévision des submersions marines en intégrant les volets « prévision, vigilance et gestion de crise », « prévention au sens strict (PPRI, maîtrise de l’urbanisme, et réduction de la vulnérabilité des constructions et installations existantes en zone inondable) et « protection », lorsqu’elle est justifiée : notamment, il faudra mutualiser les données disponibles, les diagnostics, les moyens de maintien en état et la culture du risque.

Échanges avec la salle :

Les communes et le préfet de Charente maritime ont été informés de façon plus précise du fait de l’intégration du SPC littoral Atlantique à la DDTM17.

Il est fait remarquer que pour prévoir la gravité des conséquences de la submersion, il faudrait également prévoir les scénarios de rupture des ouvrages de protection.

La vigilance « vague-submersion » est un premier niveau de réponse. Il faut aller plus loin en définissant par exemple des zones refuge sur le littoral, en réponse au risque de submersion.