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Le Cerema : "Héros du climat"

publié le 11 décembre 2015

« Les Héros du climat », une émission préparée par le journaliste Allain Bougrain-Dubourg et diffusé sur France 2.


Après "Les héros de la biodiversité", programme court d’une minute diffusé sur France 2 en 2010, le journaliste, écrivain et réalisateur Allain Bougrain-Dubourg revient avec "Les héros du climat". Même format, même durée, cette émission présente des engagements d’entreprises, de collectivités, d’établissements publics ou de particuliers en faveur du développement durable pour lutter contre le réchauffement de la planète.

Le Cerema "Héros du climat" avec « Les sédiments », diffusé le 10 décembre 2015 sur France 2.

Le transport par voies d’eau a toujours été une activité économique vitale. Moins polluant et moins consommateur de CO2 que la route ou l’avion, son développement constitue aujourd’hui un enjeu majeur pour le climat.

Le dragage fait partie des travaux d’entretien indispensables pour maintenir l’accès des navires aux infrastructures. Il est parfois nécessaire pour réaliser des aménagements portuaires et fluviaux.

Hors de ces contingences liées aux transports, le dragage peut prévenir des inondations, ou encore isoler certaines pollutions accidentelles ou héritées d’un passé industriel peu soucieux du respect de l’environnement.

Les sédiments, notamment les plus fins d’entre eux, sont en effet susceptibles de fixer des polluants qu’il importe de ne pas remobiliser lors de ces travaux de dragages. Qu’ils soient pollués ou pas d’ailleurs, leur extraction et leur déplacement constituent des opérations délicates, puisque leur réalisation modifie physiquement et chimiquement des milieux vivants et perturbe potentiellement des équilibres hydrosédimentaires.

Responsables ultimes de ces masses minérales considérables, les opérateurs en charge des transports en assument le parcours et le traitement.

Les volumes en jeu

Dans les ports maritimes 80% des volumes dragués concernent les ports estuariens et 95% des sédiments dragués dans les ports et chenaux maritimes sont relargués en mer.

C’est l’administration qui autorise ou non cette remise en suspension. Pour ce faire, elle doit acquérir des certitudes sur :

  • les niveaux de contaminations, notamment en métaux lourds et en polluant organiques persistants (seuils dits N1 et N2 fixés par le MEDDE en collaboration avec les ports et des scientifiques de l’Ifremer et du Cerema) ;
  • la sensibilité environnementale du milieu récepteur ;
  • la bonne maîtrise des impacts sur ce milieu.

Le plus souvent, le préfet qui autorise ces opérations met en place un suivi de l’état écologique du milieu récepteur au fil des opérations.

En collaboration avec les grands ports et à la demande du MEDDE, le Cerema contribue à fixer les règles de l’art en termes de dragage et de remise en suspension, et cherche à faire valoir les moins impactantes pour le milieu.

La remise en eau est d’ailleurs en principe la moins mauvaise solution pour le milieu, car l’importation à terre de ces masses salines, même non polluées seraient de nature à perturber le milieu récepteur.

Les principaux gestionnaires des voies navigables fluviales, la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) et Voies Navigables de France (VNF), draguent environ 1.5 millions de mètre cubes de sédiments par an.

Le traitement à terre des sédiments

La CNR dépose à terre une faible part de ses sédiments de dragage, de l’ordre de 15 %. VNF dépose environ 90 % de ses sédiments à terre, parfois en raison de leur contamination, mais surtout parce que les courants ne sont pas assez puissants pour les remettre en suspension.

La gestion de ces volumes parfois pollués est problématique, même si cela représente un faible pourcentage. Elle relève obligatoirement du confinement, quand ils sont considérés comme dangereux et qu’ils ne peuvent être traités. Faute d’usage alternatif ou de possibilité de traitement, ce confinement est également obligatoire quand ils sont considérés non inertes (notamment salinité, teneur en matière organique trop élevées).

La masse des sédiments à déposer à terre serait de l’ordre du million de tonnes pour les sédiments marins. La conversion du volume en tonnes en matière sèche n’étant pas réalisée lors de la dernière enquête fluviale, il semble hasardeux d’estimer des tonnages de dépôts à terre pour les sédiments fluviaux. Quelques centaines de milliers de tonnes en tous cas.

Dans une démarche d’économie circulaire, on a davantage d’intérêt à valoriser des sédiments qu’à extraire des matériaux et épuiser nos ressources naturelles. Ainsi, pour des raisons à la fois économiques, environnementales et sociales, le développement de filières de réutilisation est indispensable.

Quelques projets pilotes ont vu le jour, qui visent à rendre possible l’utilisation de sédiments dans des matériaux tels que le ciment, le béton ou la brique.

Parmi ces pilotes participant à la mise en place progressive d’une économie circulaire, le projet SEDIFLUV initié par le Cerema.

Le projet SEDIFLUV ( 2016-2019)

Ce projet, à l’initiative du Cerema (coordinateur du projet, Amor BEN FRAJ), vise à la mise en œuvre d’une méthodologie économiquement viable pour la valorisation des sédiments fluviaux sur site, dans un contexte de développement durable.

L’objectif principal de ce projet est d’identifier les solutions technico-économiques et environnementales optimales pour une valorisation de sédiments à terre.

Il s’agira de démontrer la faisabilité d’incorporation de sédiments lors de la mise en œuvre d’éléments en béton et dans la fabrication de briques ou tuiles. Pour les éléments en béton, le projet s’intéressera en particulier à des structures de plate-formes logistiques portuaires et des chemins de hallage visant un circuit court de valorisation ainsi que des éléments de bétons de voirie (bordures, pavés …).

Pour les briques, le projet évaluera l’intégration des sédiments dans les mélanges industriels (variabilité minéralogique et granulaire, mélanges).

Les valorisations développées seront évaluées sur des bases techniques (performance des matériaux formulés), économiques et environnementales (analyse économique et environnementale exhaustive intégrée à différentes étapes du projet).

  1. caractérisation du gisement francilien (physique : granulométrie, absorption et chimique : pollution)
  2. une étude laboratoire sur les performances des bétons/briques à base de sédiments fluviaux (optimisation du prétraitement des sédiments, optimisation des formules …) ;
  3. réalisation des éléments démonstrateurs et un suivi dans le temps ;
  4. une analyse des cycles de vie et une étude économique afin de montrer l’intérêt des filières de valorisation (en comparaison avec des matériaux conventionnels : prise en compte de la distance d’acheminement des granulats, retombées économiques …).

Téléchargez la fiche SEDIFLUV - Cerema (format pdf - 101.1 ko - 11/12/2015)

Partenaires du projet :

Cerema (DTerIdF, DTerNP, DTerCE, DTecITM), la région IdF, VNF, Ville de Paris, École des Mines de Paris, le Centre Technique des Matériaux Naturels de Construction (CTMNC) et 3 PME locales.

Contacts scientifiques et techniques :

Noms - Liens mèls Téléphones
Pierre-Yves Belan 06 67 58 77 97
Céline Hebrard 03 20 48 49 05
Amor Ben-Fraj  06 60 30 60 99
Laurent Eisenlohr  06 64 49 12 00